AutisteAVaudLeau

Libre

Je me lance ici dans une nouvelle forme de commentaires personnels sur l'actualité, en utilisant les avantages de l'outil “blog”, combinés à celui du #fediverse, ce qui me permet de dérouler ma réflexion sans devoir la découper en longs fils de pouets.

Dans ce post, je partage ma frustration quant à l'étroitesse de la compréhension des enjeux liés à l'industrie du numérique et plus spécifiquement des #IAG, par le monde politique et institutionnel suisse (mais pas que suisse).

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Je viens de lire dans le #24Heures que la Suisse organisera le plus grand rendez-vous sur l’IA en 2027. Il s'agit du #SommetAnnuelSurLIA ou #InternationalAiSummit, dont deux éditions se sont déjà tenues en Angleterre et en France.

https://www.24heures.ch/geneve-le-sommet-ia-2027-face-a-des-defis-budgetaires-588864412324

Le moins que l'on puisse dire, à la lecture de cette actu, c'est que le pays est tout aussi en retard que ses voisins européens dans ses réflexions concernant les conséquence du développement industriel et de la diffusion très large des IAG et de l'environnement technologique qui l'entoure.

Comme depuis 2022, lorsqu' #OpenAI a décidé de lâcher sa bestiole, #ChatGPT, dans la nature pour voir ce que ça donne, les obsessions socio-économiques du #NordGlobal n'ont fait que s'approfondir, sans la moindre pensée pour le #SudGlobal, qui semble résolument coincé dans un angle mort particulièrement obscure du #néolibéralisme numérique. De fait, alors même que des communautés entiēres du #Libre et #OpenSource, des chercheurs en sciences sociales et humaines, mais aussi en #écologie, et un certain nombre d'organisations politiques de gauche, alertent depuis des années sur la toxicité éthique, philosophique, politique et sociale fondamentale des modèles économiques qui gouvernent les orientations des géants de la Tech, les médias établis, les intellectuels les plus en vue et le monde politique institutionnel restent scotchés sur des symptômes, certes effrayants et destructeurs, sans jamais arriver à lever le nez du guidon.

Les débats porteront sur les enjeux de sécurité, les immenses possibilités offertes par une technologie qui bouleverse déjà tous les pans de la société, ainsi que sur les règles nécessaires pour en encadrer l’usage.

Dit autrement, le programme du futur événement va se focaliser sur les mêmes sempiternels sujets du remplacement de l'humain par la machine, avec ses gigantesques charettes de chômeurs et donc de casse sociale, de la mise à nu des masses par de gigantesques syphons à données personnels et vannes à métadonnées pour le commerce, et de la violation de la #PropriétéIntellectuelle. Ces questions sont au centre des préoccupations de tout ce beau monde depuis près de 20 ans, avec l'émergence des plateformes dites de “réseaux sociaux” et l'infusion du numérique dans chaque aspect de nos vies.

Mais, toutes les réflexions politiques, économiques et technologiques sur ces problématiques restent irrémédiablement coincées dans une conception inéluctablement capitaliste et libérale du monde. Hors du #capitalisme et du #libéralisme, point de salut. D'où toutes les incroyables danses du ventre et acrobaties suicidaires auxquelles s'adonnent les décideurs et responsables politiques, afin de ménager le choux (économie de marché) et la chèvre (une démocratie stable).

Les débats et les réflexions se limitent donc à essayer de trouver des solutions qui permettent de préserver à la foi l'emploi et les aides sociales, la propriété intellectuelle et la liberté d'innovation et de création, la protection de la vie privée et la nécessité pour le monde économique actuel de récolter autant de données que possible pour non seulement entretenir une logique de ciblage publicitaire fin, mais aussi alimenter des modèles linguistiques toujours plus énormes, afin de faire tourner les IAG.

À aucun moment n'est considéré le fait que le capitalisme a atteint ses limites dans un cadre démocratique et cherche maintenant, de plus en plus ouvertement, à le faire sauter pour libérer les géants de la tech de toutes contraintes, y compris des contraintes liées au libéralisme. Ni que le modèle économique de cette industrie, fondée sur l'extractivisme non seulement de la valeur générée par le salariat, mais aussi des données de l'ensemble de la population, réduite a de simples vaches à données comportementales résiduelles, est totalement incompatible avec les aspirations d'une société démocratique où les droits fondamentaux des individus sont absolument centraux. Et on oublie complètement le fait que ces “nouvelles” industries ne font que renouveler des rapports de force économiques impérialistes et néocolonialistes entre le Nord Global, où se situe cette industrie, et le Sud Global, où vivent les centaines de millions de #TravailleursDuClic sans lesquels le numérique s'effondrerait complètement.

Une source proche du dossier, qui a requis l’anonymat, juge l’approche actuelle trop hésitante: «La Confédération semble à court d’idées.» Un porte-parole de l’Office fédéral de la communication assure comprendre que les acteurs concernés «s’attendent à ce que les travaux avancent rapidement». Il rappelle toutefois qu’un rendez-vous d’une telle ampleur exige une coordination étroite. Les services impliqués travaillent d’arrache-pied à l’élaboration des bases nécessaires. Pour Katja Christ, conseillère nationale Vert’libérale bâloise, l’absence de ligne directrice sur le contenu du sommet révèle également un manque de stratégie. «La Suisse est l’un des rares pays d’Europe à ne pas encore disposer d’une stratégie nationale en matière d’IA. Elle doit y remédier de toute urgence avant la conférence», juge-t-elle. Il y a plus d’un an, l’élue a déposé une motion demandant l’élaboration d’une telle feuille de route. Le Conseil fédéral en a recommandé le rejet. Le Conseil national doit se prononcer sur ce texte lors de la session d’automne.

La Suisse est peut-être en retard sur d'autres pays sur le plan du développement industriel dans le domaine du numérique, mais pas au niveau des réflexions publiques et intitutionnelles sur les enjeux pluridisciplinaires générés par les industries du numérique, dont celle de l'IA.

Sur la base de ce qui a été énoncé plus haut, je propose quelques idées de thèmes à aborder en mode “Public-Privé”:

  1. L'incompatibilité globale entre les modèles économiques des géants de la Tech, et les principes de base d'un État de droit démocratique

  2. La nécessité d'aborder sérieusement les arguments portés par le monde du libre et de l'open-source ainsi que les organisations socio-politiques (inclus les chercheureuses) concernant la priorité à donner aux droits humains fondamentaux par rapport aux intérêts économiques d'une petite élite industrielle mondiale, parce que pour l'instant, ce sont de gros bourges classistes, racistes, sexistes, antisémites, comme Elon Musk, Peter Thiel, Jeff Bezos, etc., qui sont en train de dicter les orientations générales de nos sociétés, alors qu’ils n'ont aucune légitimité politique à le faire!

  3. Le #néocolonialisme et le nouvel #impérialisme techno-totalitaire auquel ces modèles économiques ont donné naissance, en profitant de l'idée bien ancrée dans nos société, que le capitalisme constitue l'alpha et l'omega d'une organisation sociale fonctionnelle.

Si je met la question des relations entre Nord Glo al et Sud Global en troisième position, ce n'est pas parce que je pense qu'il s'agit d'un sujet moins important. C'est parce que je vois qu'au sein-même du Sud Global, les logiques néolibérales et totalitaires qui gouvernent les modèles économiques des industries du numériques sont en train de se développer sous la forme de multinationales issues de ces régions et protégées par des régimes autoritaires, à la solde de classes privilégiées qui ont adopté le logiciel occidental pour pouvoir tenir la dragée haute aux empires économiques occidentaux. Ces multinationales s'intègrent d'ailleurs très bien dans le tissu industriel global qui s'est constitué sur les bases laissées par le #colonialisme et l'impérialisme européen et américain.